Ce matin, en faisant la lecture de mon courrier, j’ai découvert le message d’une jeune femme qui me demande comment apprendre à mieux vivre avec la colère. En lisant ses mots, j’ai ressenti un petit pincement au coeur, car je sais personnellement ce que c’est que de se sentir totalement démunie face à cette émotion.

En m’asseyant face à l’ordinateur, je me suis demandée comment je pourrais, en quelques lignes, réussir à lui transmettre les enseignements qui m’ont été si précieux pour exprimer plus clairement mes colères et surtout pour mieux les vivre.

Devrais-je lui dire qu’il fut un temps où la colère était considérée comme l’une des émotions les plus nobles chez l’être humain? Que la colère était utilisée comme une épée qui se dressait dignement contre les abus, l’impartialité, l’injustice et qu’on s’en servait pour tracer des limites, pour défendre des causes sociales, pour préserver l’égalité et l’unité dans le monde?

Devrais-je plutôt couper court aux explications et lui dire qu’aujourd’hui, dans notre société, c’est l’émotion dont tout le monde ou presque a peur de parler ouvertement comme si c’était devenu honteux de ressentir de la colère?  

Finalement, j’ai décidé de couper court aux explications et de lui parler très simplement de ce que j’ai compris jusqu’ici dans mon expérience personnelle de la colère.

LA COLÈRE EST UNE MESSAGÈRE 

La colère, c’est une émotion naturelle, saine et fort utile. Souvent provoquée par le sentiment que nous avons été injustement traités, trahis ou abusés, c’est un signal d’alarme. En ce sens, elle vient nous livrer un message important. Elle nous informe que quelque chose ne va plus ou que quelque chose doit changer. 

Le hic, c’est que la colère ne porte pas de gants blancs. Elle arrive très souvent avec ses gros sabots! Elle déferle sur nous comme une énorme vague de sensations. Des sensations inconfortables comme la mâchoire qui se serre, le coeur qui bat à tout rompre, l’estomac qui se noue, la pression qui monte à  la tête, le feu qui brûle intérieurement. Et parce que nous n’avons pas appris comment naviguer à travers ces sensations physiques, on se laisse emporter par la vague de la colère et c’est là que l’émotion peut causer des dommages irréparables. 

Mais saviez-vous que des recherches scientifiques ont prouvé qu’une vague d’émotion, comme celle de la colère, pouvait traverser notre corps en 90 secondes et après 90 secondes, les sensations disparaissent ou presque? Autrement dit, ce n’est pas l’inconfort physique qui est le responsable, mais plutôt la « réaction » de notre mental face à cet inconfort. C’est notre résistance à le ressentir et ce sont les pensées, les interprétations, les histoires et les scénarios que nous nous racontons autour de cette émotion qui font perdurer notre expérience de la colère. Et face à la colère, notre esprit réagit de deux façons: soit il la refoule, soit il pète les plombs. 

Une colère refoulée déforme la réalité, elle engendre des épisodes de dépression. À l’autre extrême, une colère explosive génère de la honte, de la culpabilité et peut avoir des effets dévastateurs dans toutes les sphères de notre vie. Dans les deux cas, ces réactions sont nuisibles à notre santé physique et à notre mieux-être émotionnel.

MIEUX VIVRE AVEC LA COLÈRE

Pour que la colère retrouve sa saine utilité dans notre vie, il nous faut reconnaître que:

1. La colère est un outil, mais elle est aussi une arme. Dirigez toujours votre colère vers la situation et non vers la personne.

Lorsque la colère se veut personnelle, qu’elle vise une personne et non une situation, son potentiel de destruction est grand. Ce qui fait le plus mal dans l’expérience de la colère, c’est qu’elle peut servir d’arme pour blesser profondément un tiers. Mais lorsque que notre colère fait référence à un problème en particulier ou une situation qui demande à être rectifiée, elle devient un outil de changement. Ici, il ne s’agit pas de fermer les yeux sur les comportements de l’autre, mais accuser,insulter, blesser une personne ne sert à rien d’autre que jeter de l’huile sur le feu. Bien que cela paraisse difficile à faire, surtout lorsqu’on a tendance à s’enflammer rapidement, il faut savoir bien diriger sa colère vers le problème et non vers la personne. Pour y parvenir, il faut prendre un peu de recul et se servir de la respiration pour calmer le feu intérieur.

Un truc: posez une main sur le coeur et l’autre sur le ventre. De manière douce et courageuse, accueillez la vague de la colère. Dès que vous vous sentez submergés, prenez de longues respirations par le nez et surtout restez avec vos sensations. Ne les fuyez pas. Restez dans votre corps. Ne remontez pas dans votre tête. Demeurez au moment présent. La respiration en pleine conscience, c’est l’outil idéal pour naviguer sur les vagues de la colère. 

2. La colère se doit d’apporter avec elle une solution à un problème

La colère peut causer de nombreux dommages, c’est vrai. Mais le pire, c’est lorsqu’elle ne fait qu’aggraver un problème, sans offrir une once de solution. Pour qu’une colère soit constructive, elle doit émerger vers une résolution, une libération et aboutir à une solution. Même au coeur d’un moment difficile, d’une dispute, d’un conflit, on peut s’exercer à demeurer présent, à écouter, à comprendre, à participer à la création d’une solution pour régler le problème ou le conflit.

La prochaine fois que vous sentirez monter une vague de colère, sortez prendre l’air, changez de décor et rappelez-vous surtout de respirer longuement, profondément pendant au moins 90 secondes, voire plus…

Le don ultime de la colère, il ne faut jamais l’oublier, c’est son pouvoir de changer les choses; pour votre mieux-être, celui des autres et celui de notre monde. Puissiez-vous le découvrir.

Que la vie vous soit douce, 

Nicole

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